L’expatriation est une composante centrale de ma vie, et ce, depuis ma tendre enfance. À l’époque, mes parents nous avaient entraînés en Allemagne, mon frère et moi, pour une période de quatre années. Nous sommes ensuite rentrés au Québec, notre pays d’origine, où j’ai rencontré l’homme de ma vie à l’âge adulte. Il complétait ses études d’ingénieur à l’Université de Sherbrooke et nous sommes tombés follement amoureux, à un point tel qu’il n’a pas hésité à quitter sa patrie française pour vivre avec moi, au Québec. Nous avons vécu dans plusieurs régions du Québec (Estrie, Montréal, Québec, Saguenay-Lac-Saint-Jean), avant de nous lancer dans une première expérience d’expatriation avec notre fils aîné, alors âgé de trois ans. Nous sommes restés un an à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis, pour ensuite rentrer au Québec. Un an plus tard, alors que j’étais enceinte de mon fils cadet, nous sommes repartis vivre à Dubaï pour deux années. L’opportunité de nous installer à Dubaï est venue de l’entreprise pour laquelle mon mari travaille et qui œuvre dans le secteur de l’aluminium. Étant donné que nous adorons voyager tous les deux, nous avons saisi l’occasion de découvrir un nouveau pays en famille. Ayant moi-même vécu une expatriation lorsque j’étais enfant, je savais que ce genre d’expérience est bénéfique pour des jeunes et j’avais envie de me lancer dans cette aventure en famille. Mais quels sont les avantages et les défis associés à une expatriation aux Émirats Arabes Unis? Plus spécifiquement, qu’en est-il de scolariser des enfants à Dubaï ? Voici ma réflexion sur le sujet !

Les avantages d’une expatriation familiale à Dubaï

Un avantage indéniable au fait de vivre à Dubaï concerne l’exposition à des cultures variées. À Dubaï, la population est composée à 80 % d’expatriés. C’est donc dire que les occasions d’apprendre et de vivre du dépaysement sont nombreuses. Lors d’un souper entre amis, il n’est pas rare que tous les continents soient représentés. À mes yeux, c’est une richesse inouïe, qui cultive l’ouverture d’esprit et la tolérance chez les enfants.

Vivre à Dubaï, c’est aussi l’occasion de découvrir plusieurs coins du monde qui sont moins accessibles à partir du Québec. Nous avons profité de nos années d’expatriation pour faire de nombreux road-trip dans les émirats voisins ainsi qu’au Sultanat d’Oman. Pendant cette période, nous avons également voyagé en Thaïlande, en Jordanie, au Bahreïn, au Qatar, ainsi qu’en Australie.

Finalement, je dirais que Dubaï est une ville qui accorde beaucoup d’importance aux enfants et aux familles. De façon générale, les différents sites sont pensés en fonction des familles et de leurs besoins. On y retrouve plusieurs parcs intérieurs et extérieurs, de même que de nombreuses activités à faire en famille. Il s’agit donc d’un milieu qui propose une très grande qualité de vie aux petits et grands !

Les défis rencontrés lors d’une expatriation familiale à Dubaï

Comme toute expérience d’expatriation, la distance avec les proches est difficile à vivre, bien qu’elle puisse être partiellement comblée par des moyens technologiques facilement accessibles (réseaux sociaux, Skype, etc.). De notre côté, étant donné que nous savions que cette situation était temporaire, je n’ai pas trouvé trop difficile d’être loin de mes proches. Ils sont d’ailleurs venus nous visiter à plusieurs reprises, à notre grand bonheur. Toutefois, lors de moments plus éprouvants, la distance devenait lourde à porter. Ce fut le cas, par exemple, lorsque j’ai donné naissance à mon fils cadet et qu’il a été admis aux soins intensifs pendant une semaine. Ce fut une grande épreuve de vivre ce moment loin de nos proches et de ne pas pouvoir compter sur leur soutien.

Aux Émirats Arabes Unis, je dirais aussi que de s’adapter à la température est un défi pour la plupart des expatriés, surtout en provenance du Québec. Au Québec, nous avons quatre saisons très différentes, qui constituent des marqueurs importants dans notre vie quotidienne. En été, nous allons à la plage et nous faisons du vélo, alors que l’hiver est consacré à la raquette et aux glissades dans la neige. Aux Émirats, bien que la température fluctue, on ne peut pas vraiment parler de saisons spécifiques. À long terme, c’est parfois un peu lassant… Surtout en été, où la chaleur devient difficile à supporter. Néanmoins, plusieurs activités permettent de profiter de la saison estivale en famille, notamment les parcs aquatiques et les événements organisés dans les centres commerciaux (toujours climatisés).

Malgré mes craintes de départ, je me rends compte, avec du recul, que ma vie à Dubaï n’a pas impliqué de changements importants dans mes habitudes de vie. Évidemment, la situation est différente dans les autres émirats, souvent plus conservateurs, mais Dubaï demeure une ville tolérante envers les étrangers. Le plus difficile, pour moi, fut de constater le caractère profondément inégalitaire de cette société, où l’origine de chacun dicte, dans une large mesure, les rôles et l’éventail des possibilités et des aspirations.

Scolariser ses enfants à Dubaï : une bonne idée ?

Seul notre fils aîné a été scolarisé à Dubaï au cours de notre expatriation. Il fréquentait alors un lycée libanais francophone, ce qui lui a permis de s’ouvrir à différentes cultures, langues et religions. Le système scolaire était très différent de celui que nous connaissons au Québec. Dès l’âge de cinq ans, les enfants devaient lire et écrire en français et en arabe et ils avaient beaucoup de devoirs et d’évaluations. Heureusement, notre fils a toujours été très intéressé par l’écriture et la lecture. Il s’est donc facilement adapté à ce cadre scolaire, avec un rendement impressionnant dans toutes les matières, et ce, même en arabe. En dehors de l’école, il a aussi suivi des cours de natation, de piano et de karaté en anglais. Bref, le fait de vivre à Dubaï lui a permis de développer de nombreuses compétences linguistiques qu’il n’aurait pas été en mesure d’acquérir dans notre pays d’origine. Ses cheveux et son teint clairs le rendaient aussi très exotique pour ses camarades de classe, ce qui fut un atout pour lui afin de développer de nouveaux liens d’amitié.

Malgré ces avantages, scolariser un enfant à Dubaï entraîne aussi son lot de défis. D’abord, pour les enfants qui ont des troubles d’apprentissage, il peut être difficile d’entrer dans ce « moule » plutôt rigide, où la performance scolaire est survalorisée par rapport à d’autres habiletés et compétences pourtant essentielles, notamment l’autonomie. À force de ne pas correspondre aux attentes parfois irréalistes du milieu scolaire, l’enfant peut parfois développer des problèmes d’estime de soi et intérioriser un sentiment d’échec. Sans l’avoir vécu personnellement, j’ai eu l’occasion de discuter avec plusieurs mamans expatriées qui étaient complètement dévastées par les échecs scolaires répétés de leurs jeunes enfants.
Au plan financier, il importe également de préciser que les frais scolaires sont très élevés. Mais au-delà de ces frais, il ne faut pas sous-estimer ceux inhérents au fait d’avoir un enfant qui fréquente un établissement élitiste. L’enfant est exposé à des richesses incroyables tous les jours, ce qui peut parfois entrer en contradiction avec les valeurs que nous souhaitons transmettre en tant que parents. Par exemple, la plupart des amis de mon fils étaient reconduits à l’école en Porsche Cayenne, qui semblait la voiture « de base » dans ce milieu, et certains avaient même leur chauffeur privé ! Quand mon fils invitait un ami à la maison, il était d’usage que ce dernier arrive avec sa « nounou », ce qui est un peu déstabilisant les premières fois… Les anniversaires des copains étaient carrément délirants, avec des pièces montées et des repas dignes d’un mariage. Encore là, les parents étaient dans une section isolée, pendant que du personnel s’occupait des enfants. Pour une maman comme moi, qui est très présente dans l’éducation de ses enfants, ce décalage peut être un peu perturbant.

En somme, malgré quelques problèmes d’adaptation transitoires, nous avons adoré notre expérience d’expatriation aux Émirats Arabes Unis, qui s’est révélée très riche à différents égards. Nos deux garçons en parlent souvent et insistent pour retourner dans ce pays, cher à leur cœur. Cette expatriation à Dubaï reste un événement marquant de notre parcours familial. C’est dans cette ville, que mon fils aîné a vécu plusieurs événements pour la première fois : prendre le bus scolaire, perdre une dent de lait, faire voler un cerf-volant, regarder un film en plein air, inviter un ami à la maison pour la nuit, tomber amoureux, devenir un grand frère… Ce fut aussi la première maison que mon fils cadet a connue, le lieu de ses premiers pas, ses premiers mots, sa première glace à la vanille, ses premiers rires, ses premières dents, ses premières maladies. Comment oublier un lieu aussi chargé de souvenirs heureux !

Merci à  Eve P. pour son témoignage.
Juin 2017

Pour en savoir plus visitez son super blog  Nos Racines sur 4 Continents 

Entre Dubaï et le Québec : La vie d’expatriée d’Eve de Nos Racines sur 4 Continents et sa famille

Post navigation


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *