Je m’appelle Catherine et suis maman d’un grand blond qui a aujourd’hui 22 ans et d’une jeune frisouille de 14 ans. Nous vivons depuis deux années de nouvelles aventures à Francfort.

Nous avons vécu à Milan en Italie une première fois pendant 4 ans, puis à Moscou pendant 3 ans et demi et de nouveau à Milan pendant 6 années. C’est pendant ce dernier séjour à Milan que nous avons compris que l’expatriation a ses limites pour la scolarité de nos enfants.

En effet, c’est en 2011 que notre fils a dû décider, en classe de 3ème de son orientation professionnelle. Son niveau était alors correct, il aurait pu envisager de préparer un bac général mais aurait eu selon ses professeurs, des difficultés à suivre de longues heures de cours car il est hyperactif. Aussi, il nous fallait envisager des études professionnelles.

Il est vrai que je vous parle ici d’une expérience vécue en 2011 mais je pense que les choses n’ont pas beaucoup évolué depuis et mon témoignage devrait faire écho pour quelques familles…

Première question que l’on se pose immédiatement : Comment définir la filière professionnelle adéquate ?

Une conseillère d’orientation passe une fois par an dans les lycées français à l’étranger mais quelques heures, quelques jours, enfin pas assez pour prendre du temps pour un enfant en particulier. Vous pouvez imaginer que nous étions parmi les premiers à nous inscrire lors de son passage et nous sommes ressortis bredouilles de ce tête à tête, elle ne disposait pas du temps et des outils nécessaire pour nous aider… Nous avons donc fait le choix d’aller en France, dans un centre d’orientation jeunesse où notre fils a effectué quelques tests (après avoir insisté car ce n’est pas systématique) qui lui ont permis de clarifier ses choix. Il semblerait qu’il existe maintenant des offres de services spécifiques en matière de choix d’orientation, sur internet, mais qu’il ne soit pas encore possible d’espérer une aide personnalisée dans les lycées français à l’étranger. Quand il s’agit d’orientation professionnelle après la troisième c’est le flou total.

Seconde question : Où pourrait-il suivre ce cursus professionnel ?

Il aurait très bien pu trouver une école à Milan mais nous étions incertains de la durée de notre séjour sur place. Un retour un France semblait inévitable.

Troisième question : Notre fils était mineur et il nous était impossible d’espérer obtenir pour mon époux une mutation en France ou un nouveau poste ailleurs étant donnée la conjoncture, me fallait-il donc rentrer et laisser mon époux seul à Milan ?

Question tellement délicate. Immédiatement, je me suis demandée si notre couple allait surmonter l’épreuve de la distance…et si ce n’était pas le cas, notre fils pourrait avoir cela sur la conscience…J’avais connu tant de séparations pendant mes expatriations que je n’étais pas du tout enthousiaste à l’idée de devoir faire ce choix et d’un autre côté je ne souhaitais pas laisser notre fils seul si jeune, ni imposer à sa sœur une distance avec son père…d’un autre côté nous étions en Europe et pas très loin de la France finalement.

J’avais suivie mes études secondaires à Montpellier, une ville étudiante pas très grande, très agréable où je logeais dans un foyer de jeunes travailleurs. Il faut savoir que les foyers de jeunes travailleurs ont un pourcentage d’hébergements réservé pour les étudiants. Les résidents jeunes travailleurs sont suivis et encadrés par des éducateurs. C’est une structure très familiale qui organise des animations entre résidents, qui veille au respect de règles de vie…J’ai donc contacté le directeur de ce foyer qui a accepté l’éventualité d’héberger notre fils alors mineur et de l’encadrer.

Ce n’était pas la solution idéale pour la maman que je suis mais je m’accrochais à l’idée que notre fils serait épanoui dans ses études et il semblait prêt à vivre loin de nous. De plus, il avait exprimé à plusieurs reprises sa difficulté à changer ainsi régulièrement de lieu de résidence, il avait désormais envie de stabilité.

Un lycée professionnel public, à Montpellier, proposait justement l’option que nous recherchions. Nous étions confiants sur un aboutissement favorable de sa candidature car notre fils était motivé et son niveau plus que correct. Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre par l’inspection académique qu’il avait au contraire très peu de chances d’avoir une place…Nous en avons alors déduit que les candidats motivés devaient être nombreux et leur niveau élevé…Notre fils a finalement eu une place dans ce lycée mais seulement grâce à l’appui d’un soutien extérieur …

Quelle n’a pas été sa surprise de constater à la rentrée que l’ensemble des élèves de sa classe avaient atterris par défaut dans sa classe, qu’ils ne savaient même pas ce qu’ils allaient apprendre, qu’ils n’avaient aucune motivation, qu’ils étaient en fait placés en filière publique professionnelle parce qu’ils faisaient partie des élèves dont on ne sait pas quoi faire, ou pour lesquels les parents avaient insistés pour qu’ils soient occupés (dixit le personnel enseignant)…

Bref, notre fils a passé trois ans dans ce lycée public où j’ai pris soin de suivre sa scolarité de très près par des visites et des échanges réguliers avec ses professeurs. Cependant, il a eu son bac professionnel en ayant fait uniquement de la théorie car pour une question d’assurance la pratique n’était pas envisageable. Il a perdu trois années et son niveau scolaire a chuté car le bac professionnel correspond désormais à un niveau BEP /CAP. Inutile de vous décrire l’ambiance des cours et la difficulté des professeurs à faire respecter un semblant de discipline pendant les cours…

Si c’était à refaire, j’aurai sans doute choisi un lycée professionnel privé (car j’ai appris par la suite qu’en lycée privé les apprentissages pratiques sont maintenus, le niveau et l’encadrement sont différents) ou j’aurai insisté pour qu’il prépare un bac à nos côtés avec l’aide de soutiens scolaires privés.

Notre fils a souhaité ensuite intégrer une école d’infirmier, il a réussi mais avec difficultés car son niveau scolaire n’était plus le même, il lui a fallu deux années pour être pris in extrémis dans une école…en suivant des cours dans des écoles qui préparent au concours d’entrée à l’école d’infirmier.

Il a réussi mais regrette surtout d’avoir perdu le bénéfice du niveau d’enseignement en lycée français et de l’encadrement privilégié qui permet d’avoir des résultats plus que corrects quand on est un élève en difficulté.

 

Mars 2017
Catherine K. R.

Plus d’articles sur l’orientation par Séverine Douilhet : Comment choisir la bonne filière en 1ère à l’étranger ?
http://www.mytutorabroad.com/blog/comment-choisir-la-bonne-filiere-en-1ere-a-letranger/

Quand expatriation et scolarité ne font plus bon ménage

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